Music (Live 1971 – 1977) [Can]

Par le Bison le 14 novembre 2015

Tiens, et si on mangeait une choucroute ? Bonne idée, l’ami. Viens donc à Cologne, boire une Paulaner, découvrir les grosses miches des teutonnes et ses pintes de blanche ou de blonde. Ok, l’ami, commençons pas la blanche de Paulaner ; coupe-moi une rondelle de citron, sors du paquet quelques bretzels et écoute-moi ça. Une musique étrange nous emporte au-delà de la Bavière. Des souvenirs de jeunesse, de la grande époque, celle où la fureur d’un chanteur japonais psalmodiait ses sutras la bouche pleine de saucisses de Francfort, l’immense Damo Suzuki. Simple électron éphémère du groupe, mais putain quel chanteur ! Je le retrouve avec bonheur dans des vieux extraits, des concerts pris çà et là, des improvisations phoniques et musicales à Brighton, à Giessen, à Colchester ou à Cologne. Une musique live de 1971 à 1977, en version double CD.

Je retourne ma boite de conserve à musique déjantée pour lire les titres de ces deux galettes parfumées de moutarde et de clous de girofles.

eine  Scheibe :

  • Jynx, 16 min 06
  • Dizzy Dizzy, 8 min 02
  • Vernal Equinoxe, 12 min 44
  • Fizz, 6 min 27
  • You Doo Right, 14 min 26
  • Cascade Waltz, 4 min 48

zwei  Scheibe :

  • Colchester Finale, 37 min 24
  • Kata Kong, 8 min 28
  • Spoon, 14 min 23

Attends, attends l’ami. C’est quoi ce truc ? Tu les sors d’où ces titres. Moi, je suis le plus grand fan de Damo Suzuki de l’ère Can, et certains ne me parlent même pas. Je manque d’air. Tu ne serais pas en train de te faire mousser. Oh… pierre qui roule n’amasse pas mousse. Attends, attends l’ami. On parle des Rolling Stones ou de Can ? Oh… oublie la mousse, et concentre-toi sur ta blonde. En attendant, tu as vu cette brune rentrer dans le bar. Une paire de jambes, que je lui caresserais bien la poitrine dans son bain moussant. Oui, oui, l’ami mais ne t’écarte pas trop de ton chemin ou de ses cuisses et revenons à ses miches, pardon à cette track-list aux noms si bizarres et inconnus même pour l’amateur de Can que je suis. Mais je ne te le fais pas dire, n’empêche que le galbe de ses jambes… Sache, l’ami, que les morceaux comme Jynx, Finz, Kata Kong  et surtout le grand Colchester Finale, fier de ses 37 minutes de musique non-stop,  sont des improvisations totales jamais apparues sur des albums studio. Et là, je pousse un Waouh si fort, si puissant, si viril que même la brune au sourire envoutant se retourne – là je crois qu’elle doit me prendre pour un fêlé. Mais là, je crois aussi que j’ai gagné un point, un set, un match comme du temps de la splendeur de Boris Becker. Là, je crois que ce soir, je vais pouvoir la retourner sur de la musique d’un autre temps, une époque certainement qu’elle n’a pas connu malgré ses jolies rides sur le contour de ses yeux.

La mousse s’estompe, au rythme de la descente de la bière ou des effets sonores du Krautrock. Ce disque à ses défauts, forcément, comme l’amertume de certaines bières. La prise de son n’est pas au rendez-vous comme certaines blondes ou brunes que mon regard, perdu en Bavière, croise à l’autre bout du comptoir. Le cœur y est mais ne fait pas tout à fait boum, comme une explosion aux abords d’un stade de foot. La joie n’est pas tout à fait au rendez-vous, cette galette ne peut ravir que les inconditionnels du groupe teuton et si la tectonique des plaques ne provoquent pas de déflagrations assourdissantes, certaines pièces ravivent le souvenir du tout puissant Tago Mago, presque l’unique raison d’écouter ce Music Live et de retrouver des noms à consonance germanique + un japonais. Car TAGO MAGO est magique, intense, innovant, improvisé, surréaliste, indispensable, émouvant, bordélique, morbide, raide, intemporel, éternel, funéraire, inquiétant, terrifiant, cauchemardesque, chaotique, planant, spatial, fulgurant, transcendant, hypnotisant, hallucinant !

  • Holger Czukay (basse, effets sonores sur 1-4 et 1-6)
  • Michael Karoli (guitare, chant)
  • Jaki Liebezeit (batterie, percussions)
  • Irmin Schmidt (claviers)
  • Damo Suzuki (chant sur 2-1 et 2-3)
  • Rosko Gee (basse sur 1-4 et 1-6)

De grands morceaux de concert

Pour les amoureux de la musique,

Les amoureux du live

Et les amoureux du Bison !

12 commentaires
  1. 15 novembre 2015 , 7 h 56 min - princecranoir prend la parole ( permalien )

    Une musique qui paraît s’échapper d’une autre dimension, irrésistiblement chaloupante, furieusement entraînante (comment le public peut-il rester si sagement assis sur ces sièges inconfortables) ! Moi qui suis Prince de l’Ecran Noir je dis « Yes I CAN », proclame la musique Live obligatoire et je dis KRAUT aux poseurs de bombes !

    • 15 novembre 2015 , 10 h 29 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      (comment le public peut-il rester si sagement assis sur ces sièges inconfortables)

      le public est anesthésié par l’horreur de mourir sous des balles au lieu de riffs dans une salle de concert.

  2. 15 novembre 2015 , 18 h 12 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Mon majeur était fébrile à l’idée de cliquer sur Dizzy Dizzy. Je me suis dis : il ne peut pas y avoir plus délirant que Magma (bien que Vander je l’aime en solo). Et bien imagine mon agréable surprise en découvrant ce groupe sorti de je ne sais où ! J’ai adoré ce 1er extrait. Hypnotique, hallucinant, spleen, mais ce que j’ai adoré par-dessus tout c’est la basse de Rosko Gee.

    J’ai tenté avec le second lien, soyons fou, mais pas moyen mon cher Bison. Malgré la dextérité orgasmique de son index et majeur, sur l’orgue j’entends bien, je n’ai tenu qu’une minute. Tu as presque failli me convertir au CAN. Mais je pense pourvoir tenir le coup après une ou deux canettes de Paulaner 50cl.

    J’aimerai quand même savoir où es tu aller chercher ce genre musical, c’est ce qui m’impressionne le plus. La Vache !!!!

    Boris Becker ? mouais :/ j’étais plus Matts Willander mais bon c’est une autre histoire.

    ;-)

    • 15 novembre 2015 , 20 h 18 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Figure-toi que je préfère, et y’a pas photo, le second morceau, mais qui n’est en rien par rapport au CAN de mes amours, celui de Damo Suzuki, celui des premiers disques.

      Mais après 3 Paulaner, je te l’accorde, tu peux écouter tous les CAN…

      Matts Willander ! Mon dieu, quel jeu ennuyeux… Non, rien ne vaut un Becker, surtout une pinte de Paulaner en guise de raquette.

      La Vache !!!!

      non, moi c’est le Bison !!!!

    • 15 novembre 2015 , 22 h 53 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      « Mon dieu, quel jeu ennuyeux… »

      On s’en fout du jeu !!!!! :)

      ;-)

  3. 15 novembre 2015 , 18 h 43 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Je vous avoue à tous mon ignorance dans ces titres… et ces groupes ! ;)

    • 15 novembre 2015 , 20 h 14 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      il te reste la Paulaner… Mais là non plus, c’est pas ta région de prédilection biérophile…

  4. 16 novembre 2015 , 1 h 42 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    J’ai adoré le premier morceau. Le deuxième aussi, moins accessible, qui lui doit s’apprécier davantage après quelques bières sous un nuage de vapeurs quelconques…

    • 16 novembre 2015 , 9 h 02 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de la Paulaner…

  5. 19 novembre 2015 , 15 h 11 min - phil prend la parole ( permalien )

    Olaaaaa c’est si vieux caaaaa
    Je me rappelle plus de la – des Paulaner que de ce groupe lol

    • 19 novembre 2015 , 15 h 13 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Faut dire que tu as dû plus boire de Paulaner que d’écouter du Can !

    • 19 novembre 2015 , 15 h 28 min - phil prend la parole ( permalien )

      P’est …. juste !

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