Solid Air [John Martyn]

Par le Bison le 7 novembre 2015

Catégorie : 5 étoiles, Folk & Indie

Envie d’une bière, une pinte de rousse aux grains d’orge bien maltés. Douceur d’une musique qui m’invite à pénétrer ce pub écossais. Pure et cristalline. La bière, la musique. Mousse et mandoline comme en harmonie. Le saxophone illumine la nuit de mille feux étoilés. Musique nocturne qui me donne des frissons lorsque je l’écoute, lorsque j’essaye de mettre des mots sur cet air. Pas évident surtout à la première bière.

Laisse couler, la mousse, l’âme écossaise teintée d’une harpe celte et d’une voix fantomatique. Un folk, parfumé de jazz ou de blues, à moins que cela soit les vapeurs de whisky qui m’évapore. Sublime, inoubliable. Une musique qui me fout les jetons, à jeun, tant la beauté me semble si inaccessible si intouchable. Et pourtant, les poils se redressent à chaque accord mineur, à chaque rousse à peine majeure, à chaque majeur s’égarant dans les poils d’une rousse.

Dehors, le froid fige les notes et les vapeurs de quelques ivrognes venus soulager leur âme auprès de l’if de Fortingall. A l’intérieur, la voix chaude de John Martyn, l’écossais dont l’inspiration tient autant de la bière que du pur malt, s’envole entre les volutes de fumées et les effluves des serveuses.  Ce disque est un pur chef d’œuvre, comme tu en auras si peu l’occasion d’écouter dans ta courte vie ou de ta carrière d’alcoolique solitaire. Le genre de musique indispensable pour boire une bière tiède sereinement ou pour boire l’entrecuisse d’une rousse chaude. D’ailleurs ce ’Solid Air’ fait partie des 1001 albums qu’il faut avoir écoutés dans sa vie. Ouf, je peux en rayer un, me servir une nouvelle bière, et changer de disque. Tiens, une sublime brune – du genre à faire partie des 1001 nanas qu’il faut avoir baisées dans sa vie – entre dans le pub… « Bonjour, cela vous dit d’écouter Nick Drake dans ma piaule… »

« Solid Air » [1973], l’âme de Nick Drake.

13 commentaires
  1. 8 novembre 2015 , 8 h 09 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Nonobstant les égarements majeurs ou d’un majeur, je ne les mettrai pas à l’index. Mais une fois de plus les goûts du cher Bison sont les miens et j’en suis totalement Solid air. John Martyn et toute cette confrèrie folk, j’en suis fou. Je reste très « blonde », je parle là des bières.

    • 8 novembre 2015 , 22 h 26 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      J’ai cherché, j’ai fouillé, j’ai bu plusieurs bières à la recherche de cet album sur ton blog. Le désert, le gosier asséché. Tout juste une évocation de John Martyn. Point c’est tout. Un peu juste l’ami ;-)

      Sinon, les goûts et les couleurs, cela ne se discute pas :)

  2. 8 novembre 2015 , 14 h 08 min - villaseurat prend la parole ( permalien )

    Je ne connais John Martyn que par une compilation. J’adore ce mélange de folk et d’autres choses, de musique noire comme sur sa reprise I’d rather be the devil qui est grande. Et Nick Drake, ah Nick Drake ! …

    • 8 novembre 2015 , 22 h 27 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Un grand ami de Nick Drake et ce Solid Air en est un hommage vibrant.

  3. 8 novembre 2015 , 20 h 47 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Et bien je ne connaissais pas ce Martyn là. Quelle voix chaude et enivrante ! Un mélange de folk et de blues, j’aime beaucoup !

    T’as pas le droit de connaitre des trucs que je connais pas ! Tsss tu m’énerves !

    ;-)

    Aller dans un concert comme celui ci devait être sensationnel !

    Rahhhhhh

    • 8 novembre 2015 , 22 h 28 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Mais j’ai plein d’autres pépites à te faire découvrir, si tu es prête à les entendre… Et pas sûr que tu sois tout à fait mûre pour tout écouter de ma musique :-) Mais tu as raison, ce concert devait être sensas !

  4. 9 novembre 2015 , 4 h 18 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    J’connais pas ce Solid Air, mais je viens de voir que John Martyn a travaillé avec Éric Clapton et David Gilmour, quand même!

    « les poils se redressent à chaque accord mineur, à chaque rousse à peine majeure, à chaque majeur s’égarant dans les poils d’une rousse »

    Tabarnak!!! Ça c’est de la prose en musique de chambre!!! On pourra dire qu’elle fait partie des 1001 citations poétiques à avoir entendue dans sa vie. Câlisse! C’est du tout beau!!!

    • 9 novembre 2015 , 9 h 24 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je ne sais pas si c’est de la prose en chambre, mais c’est en tout cas de la musique en prose pour amateur de blondes, de rousses, de brunes ou amatrices de majeur.

    • 9 novembre 2015 , 13 h 55 min - phil prend la parole ( permalien )

      C’est clair qu’il y a du Gilmour derrière tout ca.

    • 9 novembre 2015 , 13 h 57 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      N’y aurait-il pas du John Martyn derrière Gilmour ;-)

  5. 9 novembre 2015 , 13 h 56 min - phil prend la parole ( permalien )

    Et en même temps, j adore ce charabia incomprehensible comme si tu manges un bout de tartiflette bien chaude et que tu n’arrives pas à l’avaler tout en répondant à la d moiselle !!!

    • 9 novembre 2015 , 13 h 58 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      de toute façon, la d moiselle, elle s’en fout, elle a déjà la bouche pleine !

    • 9 novembre 2015 , 16 h 01 min - phil prend la parole ( permalien )

      il lui reste a avaler !

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