Aux confins du fricandeau [Sergi Pamies]

Par le Bison le 19 octobre 2015

Catégorie : 2 étoiles, Europe

Selon l’auteur catalan, Sergi Pamies i Lopez, pour réaliser ce livre sont intervenus : une rame de papier Din A4 Galgo, un stylo Sheaffer bon marché, une machine à écrire Optima et un dictionnaire Alcover-Moll. Moais, si l’auteur le dit, ou sa maison d’édition… Selon le Bison, pour lire ce court recueil de nouvelles, il a fallu un décapsuleur, une bouteille de bière, un billet de train. Pas plus. 16 nouvelles, courtes pour la plupart dépassant difficilement la quinzaine de pages par nouvelle… Je ne sais pas si l’auteur a du « potentiel », par contre je sais que cette bière, oui, elle en a eu. Je ne sais pas si je m’aventurerais encore dans les confins du fricandeau – que je n’ai pas encore compris ce que faisait le fricandeau dans une nouvelle catalane – mais mes lèvres, oui, s’aventureraient encore dans la mousse si blanche de ma bière si blonde. Un plaisir, des yeux, un régal parfumé, une invitation aux voyages loin des terres catalanes.

De quoi est-il question dans ces courtes nouvelles ? Ma foi, je crois que j’en ai oublié presque l’essentiel. Juste que quand tu fermes la dernière page et bois le fond de ton verre, que tu regardes là-haut, que tu vois la trace blanche d’un long courrier dans le ciel azuré, tu te mets à prier pour qu’un un étron ne tombe pas des chiottes de cet avion. Juste que quand tu croises les mémoires d’un vieux, tu l’écoutes attentivement une bière à la main et tu te crées un souvenir tant sa mémoire est empreinte de couleurs et de parfums. Juste que quand tu vois une fille aux longues jambes au comptoir d’un bar commandant un irish-coffee, tu essayes de lui balancer ton plus beau sourire – pas le mien, sinon tu vas rentrer bredouille – avec une putain d’envie de lui relever sa jupe, Sonny Rollins au saxo.

« Je commandai un autre whisky. Le garçon ne m’entendit pas. Il était pétrifié d’admiration devant une fille qui venait d’entrer. Une mulâtresse. Jupe courte et un corps d’abri atomique où passer toutes les saisons de l’année à commettre le péché à bâtons rompus. Elle portait un corsage très ajusté sur lequel était dessiné un nègre jouant du saxo. Elle s’assit sur un tabouret au comptoir et exhiba des jambes mémorables. Les garçons étaient nerveux. Ils lui offraient du tabac, du feu, l’heure, du sirop d’orgeat, des boissons glacées, la conversation en trois langues et un plan de la ville. Elle souriait. Elle voulait un café irlandais et savoir où se trouvaient les toilettes. Le plus grand des serveurs l’accompagna. Quand il revint, les autres lui demandèrent s’il se l’était faite et il répondit qu’il ne baisait jamais pendant le service. »

En attendant, moi, je me décapsule une nouvelle Chouffe… Que de plaisir cette bière d’Achouffe. Que de sensualité dans son regard. Boire une Chouffe, c’est comme caresser le corps d’une femme. Avec lenteur, avec douceur, droit dans les yeux ou dans son décolleté. Elle mérite tant d’attention. La Chouffe, c’est avant tout ce sentiment de désir et de passion qui prédomine. La Chouffe c’est la bière érotique par excellence, celle qui file l’envie irrépressible de descendre ton jean pendant qu’Elle te sert ce putain de verre tant espéré.

12 commentaires
  1. 20 octobre 2015 , 18 h 59 min - manU prend la parole ( permalien )

    Bon ben au suivant !

    • 20 octobre 2015 , 22 h 45 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je suis déjà passé à la bière suivante !

  2. 20 octobre 2015 , 20 h 02 min - Grybouille prend la parole ( permalien )

    Hou Hou, de conjuguer un élixir avec des écrits à boire est une charmante idée mais le p’tit duc a choisi, voler ou boire…. @bientôt, Grybouille

  3. 20 octobre 2015 , 22 h 36 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Tout ça pour deux étoiles !!! Ben mon vieux, ton voyage à dû être bien long, heureusement qu’il y avait la chouffe :D

    Euh je veux bien un café irlandais moi aussi sieuplait, mais pour les toilettes, c’est bon, je sais où elles se trouvent ;-)

    • 20 octobre 2015 , 22 h 51 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      La Chouffe permet de savourer tous les livres avec bonheur et raccourcit tous les voyages.

      Et, alors ? on attends la suite…
      Qu’est-ce qu’il s’est passé dans les toilettes ?
      Tu t’es fait branchée ?

    • 21 octobre 2015 , 7 h 55 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      Pas besoin d’aller aux toilettes pour me faire brancher, il me suffit juste de rentrer dans un bar… et je t’explique même pas si je me mets à jouer au billard…

      Bon tu me la sers cette chouffe au lieu de me faire dire des bêtises ! ;-)

      :D

    • 22 octobre 2015 , 10 h 29 min - phil prend la parole ( permalien )

      aouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu

    • 22 octobre 2015 , 11 h 29 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Madame sait manier les queues ! Waouh que de talents.

  4. 21 octobre 2015 , 5 h 25 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Si je comprends bien, tu t’es pas mal plus titillé l’âme avec ta Chouffe « érotique » 5 étoiles qu’avec ton roman. Hostie de Tabarnak, au diable le fricandeau, buvons!

    • 21 octobre 2015 , 8 h 59 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je me titille l’âme toujours avec la Chouffe, mais son intensité érotique se décuple entre 4 yeux.

      Buvons ! voilà une philosophie qui me plait bien et qui me sied à merveille.

    • 22 octobre 2015 , 10 h 30 min - phil prend la parole ( permalien )

      Si vous buvez de la Chouffe avec le Bison, un conseil: rester assis !!!

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