Éroshima [Dany Laferrière]

Par le Bison le 15 octobre 2015

D’abord suivre les préconisations d’une québecoise pelletant sa neige en mini-jupe :

  1. Décapsuler une binouze.
  2. M’installer sur mon canapé marron avec une Fin du Monde.
  3. Découvrir les secrets de Rita Hayworth, la star rousse des pin-up. Une bombe sexuelle, 3 points d’exclamation.

Elle doit s’y connaître en Laferrière, haïtien canadien, ou en long sexe noir qui, peu frileux, trempe dans la neige ou la Chambly, ou en bombe sexuelle !!! Bison avisé en vaut deux, je me soumets à ses directives (oh oui, domine-moi !) avec grand plaisir.

« On a dit tant de mal de la Bombe qu’on va finir par croire qu’elle est uniquement dangereuse. Ses adversaires ont pourtant laissé de côté son aspect le plus explosif : la charge sexuelle qu’elle concentre en elle. Ses milliards d’atomes crochus. L’idée qu’à n’importe quel moment, tout cela pourrait sauter ne devrait-elle pas nous pousser à une orgie sans fin ? A vouloir grimper sur le premier venu ? Il suffit d’y réfléchir. De penser à Rita. Qui sont ceux qui ont quelque chose à perdre dans une explosion finale ? Pas vous. Ni moi. Alors, dansons ! La danse dessus du volcan. Birth, Copulation and Death. »

Il est nègre, haïtien de surcroit, et débarque sur la banquise québécoise. Impression à froid, il fait froid, mais cela n’empêche pas de bander comme un caribou en rut. Tu connais la rumeur comme quoi les nègres sont bien montés et comme quoi les nègres sont feignants. Je te rassure, ce n’est pas qu’une rumeur : Dany a un sacré gourdin et passe son temps allongé, nu sur un lit, à se faire servir par des geishas. Un coin de paradis où les cocktails passion-coco sont remplacés par de la bière au sirop d’érable, et où les filles en mini mini-jupes loin d’être du terroir viennent du pays au soleil levant. Eros au pays d’Hiroshima, Eroshima.

Il est obsédé par la bombe atomique, par la déflagration d’Hiroshima. C’était il y a plus de cinquante ans et pourtant, il sent encore son souffle, et avant de se voir réduire en poussière parce que la bombe va revenir comme une boule de flipper, il ne pense qu’à baiser. Jouir de la vie avant de devenir  poussière ou cendre, profiter du désir, bander, lécher, sodomiser et suer jusqu’à l’explosion suprême, l’éjaculation atomique lors d’un dernier coup de rein à en éblouir toute une génération de petits spermatozoïdes infatigables que le dernier souffle divin a rendu fou.

« Kero est très dure. Elle est mince, souple et féroce. Avec des yeux terribles. Faire l’amour avec Kero, c’est faire l’amour avec un samouraï dans un corps de geisha. LA CHAMBRE DES MILLES DOULEURS EXQUISES. Elle, sado. Moi, maso. »

Il y a des douleurs exquises comme des douceurs masochistes. Ce petit roman, de courts chapitres assemblés les uns dans les autres, partouzes d’une vie d’un exilé découvrant le soleil levant face à la baie du Saint-Laurent. L’histoire est belle, comme la japonaise qui lui suce le katana, bandante, comme la trique d’un noir qui prend une jaune par derrière, jouissive comme l’imagination fertile que je peux avoir quand j’imagine deux corps nus et enchevêtrés  sur un lit où les draps respirent le sperme, la sueur et le sirop d’érable. Et Hiroshima dans un lit, ça fait un putain de tabarnak de BOOM. L’explosion ultime.

« 111. Hoki prononce quelques mots en japonais puis commence à onduler sans manifester la moindre douleur. Je prends alors ses hanches trempées de sueur et je la pénètre lentement et profondément.

D’un ultime coup de rein, je la cloue net ; une explosion merveilleuse m’éblouit. Peut-être la même explosion que le grand-père de Hoki a vue à Hiroshima. »

C’est à ce moment-là, lorsque ma pensée diverge sur l’orgasme atomique d’Hiroshima, qu’une magnifique geisha, kimono entrouvert dévoilant un sein d’une blancheur presque laiteuse et une toison aussi noire qu’un corbeau dans une mine de charbon, m’apporta cette bière au sirop d’érable de la microbrasserie Schoune à St Polycarpe, Québec. Une bière, aux notes ancestrales et tabarnakiennes, importée directement et spécialement pour des bisons en rut après une lecture éjaculatoire de Dany Laferrière, Planet’ Bison.

« Éroshima », pour la beauté bandante de Rita Hayworth, hostie de câlice de tabarnacle.

21 commentaires
  1. 15 octobre 2015 , 22 h 38 min - manU prend la parole ( permalien )

    Sperm, sueur et sirop d’érable, quel programme ! :D

    • 15 octobre 2015 , 22 h 44 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      et moi qui pensais que c’était Rita Hayworth qui t’avait attirée ici… ah, les jeunes cinéphiles de nos jours…

  2. 16 octobre 2015 , 2 h 52 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Rita!!! Star rousse des pin-up, une tabarnak de bombe sexuelle celle-là, à te déclencher la grande déflagration éjaculatoire, une partouze de spermatozoïdes qui ferait fondre un igloo par moins 40 (parole de pelleteuse de neige en mini). À défaut de me répéter j’dirais que si la vie perd tout son sens aussi bien donner de la vie à nos sens. Un orgasme atomique pour un troupeau de Bisons en rut, c’est un salut tabarnaquement honorable non?

    Au fait tu t’es perdu dans St Polycarpe? 2000 habitants addicts à la bière au sirop d’érable. J’y ai déjà planté un igloo dans ce trou du Québec profond…

    « ou en long sexe noir qui, peu frileux, trempe dans la neige » – j’te conseille pas de faire l’expérience, ton katana sera pas aussi long une fois sorti d’la neige…

    « sur un lit où les draps respirent le sperme, la sueur et le sirop d’érable » – c’est le poil de la peau de grizzli qui va être collé, hostie d’câlice de tabarnak……!

    Planet’ Bison, importateurs de produits pour « majeurs » avertis :D

    Merci pour ce beau billet orgasmique et broutes pas trop vite tu vas t’étouffer! ^^

    • 16 octobre 2015 , 3 h 01 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      Quelques mots de plus parce que j’arrive aussi à être sérieuse :D

      J’aime Dany Laferrière, non, en fait, je l’adore… J’aime l’entendre nous parler de sa grand-mère Da et de l’odeur de son café. J’aime aussi quand il parle de Vava, l’amour de ses 10 ans dont il se dit encore amoureux. J’aime sa prose d’amour émouvante quand il raconte l’Haïti de son enfance dans son Énigme du retour. Avant tout, ce que j’aime en lui, c’est son amour de la vie, ses débordements d’enthousiasme quand il se passionne et qu’il aime, qu’il jouit à nous écrire des romans divins. L’entendre parler de l’Haïti qui est chère à mon cœur est un bouleversement intérieur. Il en parle avec des étoiles dans le regard pour m’en faire ressortir avec le même éclat au fond des yeux. Tu me donnes envie d’en relire un, rien que pour retrouver sa grand-mère Da… <3

    • 16 octobre 2015 , 22 h 23 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      En tout cas, une chose est sûre la prose de Dany ne t’arrête pas. Même pas sûre que tu prennes le temps d’une respiration et d’une gorgée de bière de St Polycarpe, que te revoilà à évoquer ses souvenirs d’un haïtien avec son odeur de café.

  3. 16 octobre 2015 , 22 h 14 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Une belle et redoutable comparaison entre l’explosion d’une bombe et celle d’une éjaculation. La première est meurtrière, la seconde une délicieuse petite mort …

    A choisir je préfère la dernière …

    Alors dansons, Jouissons …

  4. 17 octobre 2015 , 9 h 55 min - manU prend la parole ( permalien )

    :D

  5. 17 octobre 2015 , 12 h 41 min - Léa Touch Book prend la parole ( permalien )

    Je suis une grande fan de cet auteur alors je le lirai c’est sûr :)

    • 18 octobre 2015 , 10 h 23 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je découvre l’auteur, et déjà un autre m’attend…

    • 22 octobre 2015 , 10 h 35 min - phil prend la parole ( permalien )

      Et le prochain est ???
      Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer?
      Le goût des jeunes filles?
      De quoi encore te fatiguer, te faire baisser ton Jing, le vide rein …

    • 22 octobre 2015 , 11 h 35 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      moi, je suis un fervent admirateur de la paresse, alors si je peux prendre des conseils pour faire l’amour sans se fatiguer…

    • 22 octobre 2015 , 11 h 46 min - phil prend la parole ( permalien )

      euhhhh c’est pour un nègre ….. wouaahaaaaahaaaaaa

    • 22 octobre 2015 , 12 h 04 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Physiquement, il ne doit pas y avoir beaucoup de différences ! :D
      A part la bière que l’on boit pendant l’acte…

  6. 17 octobre 2015 , 21 h 22 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Tant que ta lecture éjaculatoire n’a pas atterri dans les pages du livre… parce que ce genre de chose, ça colle… ;)

    • 18 octobre 2015 , 10 h 24 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Justement. Si les pages sont collées, c’est bon signe !

  7. 19 octobre 2015 , 8 h 50 min - Une ribambelle prend la parole ( permalien )

    On est dans le multi culturel là ! Entre Dany qui émigre au pays des élans et qui côtoie des geishas, c’est un sacré voyage ! Pour peu qu’il boive une bière belge, on a fait un bon bout du monde.

    • 19 octobre 2015 , 9 h 17 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Certaines bières canadiennes n’ont rien à envier aux belges, mais il y a effectivement un beau voyage à faire avec cet éroshima où différents continents se mélangent dans les draps froissés de sperme.

  8. 22 octobre 2015 , 10 h 16 min - phil prend la parole ( permalien )

    Subtil mélange entre Bukowski et Mishima …
    Bombe atomique, bombe érotique … on explose

    Savais-tu qu’il était à l’académie française ce gaillard?

    • 22 octobre 2015 , 11 h 38 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Mais bien sûr !

      (bon en fait, je m’en fous un peu, du moment qu’il me parle de bombe atomique, de Rita Hayworth ou de geishas, et maintenant que je sais que pour que mon katana dure, il faut que je le lubrifie de temps en temps avant de le rentrer dans le fourreau)

    • 22 octobre 2015 , 11 h 56 min - phil prend la parole ( permalien )

      et oui … bien lubrifier pour bien dégainer !

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