Les Bisons de Broken Heart [Dan O'Brien]

Par le Bison le 7 mai 2011

Cow-boy et  fauconnier amoureux de la terre sauvage, Dan O’Brien est aussi spécialiste des espèces en voie de disparition, et enseigne la littérature et l’écologie des Grandes plaines. Écrivain emblématique du Grand Ouest américain et éleveurs de bisons, il vit aujourd’hui à Whitewood, dans le Dakota du Sud, au Cheyenne River Ranch qu’il partage avec deux collaborateurs. Ensemble, ils ont fondé la Wild Idea Buffalo Company, une entreprise d’élevage et de production du bison dans le respect des animaux et de l’éthique écologique.

Lorsque Dan O’Brien s’installe dans le ranch de Broken Heart, il réalise son rêve : vivre dans les terres indiennes, sur les traces et poussières de Sitting Bull. Mais voilà, depuis plus d’un siècle, ces Grandes Plaines ont été surexploitées, voir massacrées. Stérilisées par l’agriculture chimique et l’élevage à outrance, il ne pousse plus rien là-bas, et le cours de la viande est devenu tellement bas qu’aucune exploitation est viable. Sans les boulots extérieurs (romans, cours dans les universités à l’autre bout du pays), cela fait longtemps qu’il aurait déposé la clé de son ranch à ses créanciers. Du rêve au cauchemar, l’histoire se répète depuis plusieurs générations dans cette région de l’Ouest. Pourtant, une opportunité se présente : remplacer ses vaches inadaptées à ces terres et à ces températures par des bisons, et ainsi rétablir l’écosystème originel de ses terres.

Un roman sauvage et mythique !

Plus qu’un roman, « Les Bisons de Broken Heart » offrent une véritable ode au Grand Ouest sauvage de l’Amérique. Des bisons, de nos jours, qui de nous auraient pu penser cela dix ans auparavant. Pourtant, cette idée n’est pas si loufoque et se transforme en véritable pamphlet écologique, en dénonçant dans un premier temps cette politique économique et agraire si désastreuse mené depuis plus d’un siècle. La conscience écologique passe par ce roman et réintroduire un écosystème adapté semble être la base de toute responsabilité envers la Terre qui nous nourrit et nous fait vivre.

Dan O’Brien a bien évidemment eu peur de se lancer, devant les difficultés d’une telle démarche – un bison ne s’élève pas comme une vache – mais finalement ses espoirs et ses banquiers ont eu foi en lui. Le projet fou est né, et ses terres retrouvent une nouvelle jeunesse perdue depuis plus d’un siècle. Les vaches malingres et mortes de froid ont été remplacées par des mastodontes, de puissants bisons au poil long et soyeux et d’une telle grâce malgré leurs 800 kg affichés fièrement à la balance.

Depuis cette lecture, je suis malheureux, triste, absent, car j’ai un secret presque inavouable : l’envie et le désir de tout plaquer pour aller moi aussi élever des bisons. Cela semble si beau, si magique, si incroyable, surtout quand cela est fait dans les règles de l’art d’antan, une autre époque où Sitting Bull vivait en harmonie avec ces bêtes d’un autre temps. Je suis tombé amoureux des bisons. Je veux devenir un bison. Moi aussi, je veux manger l’herbe verte du printemps qui pointe à travers la neige vers le ciel lourd prêt à déverser son surplus d’énergie sur les vastes étendues du Dakota, du Montana ou du Périgord…

« Les Bisons de Broken Heart » vus par Tanakia.

6 commentaires
  1. 8 mai 2011 , 21 h 53 min - Tanakia prend la parole ( permalien )

    Merci pour le lien vers chez moi !
    Est-ce que la bibliothèque du ranch des paumés contient le riche et touffu « Mêle les cow-girls ont du vague à l’âme de Tim Robbins ?
    Un must have…

  2. 8 mai 2011 , 22 h 05 min - le Bison prend la parole ( permalien )

    Je crois l’avoir vu traîner sur une pile d’un libraire, et le titre a attiré mon œil avec envie et salivation conséquente… Un jour, il devrait donc remplir les étagères de la bibliothèque du Ranch sans nom.

  3. 8 novembre 2012 , 7 h 01 min - Valentyne prend la parole ( permalien )

    Bonjour le Bison,
    Je viens par ici suite à ton inscription sur le blog de liligalipette :-) pour le challenge totem : tu m’as donné envie de lire ce livre :-)
    J’ai bien aimé aussi ta rubrique Juke box saloon :-)
    Je reviendrais lire ton blet sur Home quand j’aurais lu ce livre .
    Bonne journée

    • 8 novembre 2012 , 11 h 36 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Et Bienvenue au Ranch sans nom !

      Il y a pleins de bisons dans ce livre.
      De majestueuses bêtes, de splendides mastodontes des temps modernes.
      Mais ailleurs, il y a aussi des chevaux – je pense aux romans de Mark Spragg et de Nicholas Evans

  4. 14 février 2015 , 22 h 04 min - manU prend la parole ( permalien )

    Une éternité que j’ai envie de le découvrir celui-ci mais il n’a pas encore croisé par route… Peut-être lors de la prochaine saison des vide-greniers… :)

    • 15 février 2015 , 11 h 24 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      En attendant, tu as recherché bisonnement loin, ce billet. Le premier écrit ici.

Ajouter un commentaire

PS: XHTML est autorisé. Votre adresse mail ne sera jamais publié.

S’abonner aux commentaires par le flux RSS