15 sept 16

Since We Met [Bill Evans]

Parce que depuis que nous nous sommes rencontrés, Bill et moi, nous avons fait du chemin. Ensemble et séparément. Bien sûr, entre nous, il y a Keith Jarrett qui peut émouvoir, autant qu’agacé. Et puis ensuite, il y a eu Brad Mehldau, le digne héritier de Bill Evans. Des trios en toute simplicité mais qui bousculent en même temps qu’ils reposent ou chavirent. Je ne peux choisir. C’est comme de me demander de mettre une option sur la blonde, alors que la brune ou la rousse m’attendent. Le choix est cruel, et je prends les trois dans la même soirée, trois bières sinon rien. Mon trio magique à moi, la musique en moins, à part les rots de bibi ou de l’inconnue, cette brune aussi souriante que bandante.

Cette inconnue que je rêve (rêvais) secrètement de retrouver sur une musique de Bill, Brad ou Keith. Ce genre de trio est fait pour les rencontres d’âmes et de cœur, d’âme çoeur même, pour que des sourires s’échangent ou que des mains s’affichent sur des cuisses. Ce disque était le début d’une promesse, d’un homme amoureux de son piano, qui ne sachant parler déclame sa flamme à cette femme, brune épicée ou brune incendiaire, un verre de bière servi sur le comptoir, et dans ses yeux boire. Les notes caressent l’atmosphère, les silences illuminent les regards, moi je caressais ton pubis endormi, et je me taisais.

Pour accompagner Bill, Eddie Gomez joue de la contrebasse et Marty Morell de la batterie, enregistrement live de 1974 au célèbre club de jazz Village Vanguard rebaptisé pour un soir Blue Moon. Je ferme les yeux, et « Since we met », je vois cette femme, des flammes dans les yeux, feux d’artifice qui crépitent sous la lune bleue. Les étoiles dans le ciel, elles brillent encore dans mon cœur. « Round Midnight » aurait swingué le Blue Monk, lui aussi au piano. Je me demande pourquoi je ne suis pas pianiste, j’aurais pu l’emballer, peut-être, avec mes silences entre les notes. « Midnight Moon » reprend Bill en versant un verre de vin dont la lune reflète toute sa beauté. Reflet de l’âme où elle trempe ses lèvres, rouge à lèvres parfum cerise. Un morceau composé par Joe Zawinul, leader des Weather Report. Il faudrait que je te parle de l’album des WR dont un titre particulier bouscule mon âme. J’aurais aimé prendre mon temps, la musique nous a réunis mais le temps m’a perdu. Je t’aurais dit : « Alors ferme les yeux à ton tour, laisse toi bercer par cette musique de Bill Evans, vois-tu le parc de Sceaux comme dans la pochette de son album mythique, The Paris Concert edition two, entends-tu la respiration de ces joggeurs et leurs cœurs qui battent pour une femme sensible à Bill, à Keith, à Brad, à Thelonious, à Joe ». Mais voilà, il est déjà trop tard, et mon cœur pleure ces notes de Bill.

Since We Met

Midnight Moon

« Since We Met » [1976], je n’ai jamais connu de plus grand bonheur que cette rencontre.

THE END

7 sept 16

Etranges Rivages [Arnaldur Indridason]

« Le jour déclinait. Il décida d’attendre la tombée de la nuit. Il retourna s’asseoir dans la jeep et mit le chauffage. La radio diffusait un morceau de jazz contemporain qu’il ne connaissait pas, mais qui lui plaisait bien. Il tentait de trouver une forme d’apaisement… »

Fuck le blizzard, j’ai envie de plagier. Une tempête à te geler le majeur, et tes lèvres bleutées. Inouï ce qu’il peut faire froid. Dans ce pays de vikings, de pécheurs islandais, et d’étranges disparitions. Si encore, les corps réapparaissaient systématiquement sur les « étranges rivages » après une escapade en pleine mer. Mais non, certains disparaissent sans laisser de trace. Erlendur que tout le monde avait perdu de vue sur « La muraille de lave », collègues de la police, lecteurs de polar nordique et buveurs de Skoll compris. Tu te demandes dans quelle catégorie je me situe. Je dirais, réflexion longuement mûrie, dans cette troisième classe, sauf que j’ai fini ma dernière bouteille de Skoll lors du match France-Islande. Du coup, je me demande si je ne vais pas me faire une bière givrée. C’est tendance, la bière givrée, avec une paille !

« Il n’avait absolument pas cherché à exhumer un crime. C’est le crime qui était venu à sa rencontre. »

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3 sept 16

Vide-grenier du dimanche ou presque

Tiens, et si je lançais une nouvelle rubrique, « Vide-grenier du dimanche ou presque ». Mes trouvailles, vide-grenier et brocante. La saison s’est terminée pour moi, ne faisant ce genre de sortie que pendant mes vacances périgourdines. Pas la peine que je fasse les braderies charentaises, la grenouille des Charentes troque ses charentaises pour des bottes waterproof (quoi que cette année, des gougounes auraient suffi) et arpente tous les lieux-dits autour des champs de pineau. Donc, trouvailles exclusivement sous le soleil de Dordogne.

En fait, je n’arpente ces braderies que pour chercher des bouquins. Sauf que mon univers littéraire ne semble pas au goût des lecteurs du terroir, n’ayant trouvé aucun livre (désolé pour le cru, mais Christian Signol ne fait pas partie de mes désirs profonds de lecteur). Mais peu importe, je ne suis pas rentré à la grande ville les mains vides et les sabots crottés. Donc, petit bilan de ma vie de brocanteur d’un été caniculaire sous le soleil ribéracois aussi brûlant qu’au pays des Maures.

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31 août 16

Le Plus Clair de la Lune [Anyi Wang]

« Lors de leur premier rendez-vous, ils mangèrent des ailerons de requin, la deuxième fois de la langouste, la troisième du tourteau, puis des steaks, ensuite des côtes de porc, et enfin des émincés de porc au goût de poisson et une marmite de fondue variée. Assis l’un en face de l’autre, leur bol à la main, ils enfournaient le riz dans une atmosphère d’intimité. Ce n’était qu’un couple banal en train de manger, s’appuyant l’un sur l’autre pour vivre parmi la foule. Toutefois, un danger les menaçait, celui de tomber dans la prison de la vie quotidienne. »

Titi, jeune et belle insouciante provinciale, navigue dans cette Chine contemporaine prise entre ses désirs passionnels et ses fuites amoureuses. Elle y croise le regard de Pansou, un noctambule passionné d’arts, de Tseugong, jeune homosexuel d’une beauté ciselée et Jian Chiseng, homme mûr à la recherche de conquêtes de plus en plus jeunes. Entre ses trois hommes, s’oppose la belle Marie Hu, vieille sorcière dirait Titi, et l’affrontement de ces deux femmes pour l’appât de ces hommes.

« Cette ville, il faut la regarder la nuit. Les lumières forment une couverture végétale. Elles recouvrent comme l’herbe les surfaces desséchées et s’épanouissent en fleurs scintillantes. Elles se réunissent et c’est un fleuve, elles s’étalent et c’est de la mousse, elles jaillissent et deviennent lucioles. On peut imaginer combien cet ensemble est luxurieux. Les hommes de la nuit sont des oiseaux nocturnes, une autre espèce d’humains. Comme ils ont grandi dans ce milieu artificiel, ils ont une autre horloge biologique, ils tournent le dos à la nature. Mais peu importe ! Ils demeurent eux aussi dans la nature, une nature de seconde main produite par la première. Savez-vous comment on fabrique des diamants artificiels ? En copiant l’environnement naturel des vrais diamants : température, humidité et minéraux… Cela ne donne-t-il pas de beaux diamants ? Grâce aux noctambules, la nuit est vivante.

Ce terme de vie nocturne semble décadent à l’oreille, comme une vie en négatif, mais elle est en réalité l’ombre de la ville. »

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19 août 16

Un garçon d’Italie [Philippe Besson]

Luca, Anna et Leo. Le triptyque de l’amour. Luca aime Anna. Luca aime Leo. Anna ignore l’existence de Leo. Leo se prostitue sauf avec Luca où il lui fait l’amour. La Fiorentina joue, les supporters crient, et Luca se noie. Début de l’histoire, fin d’une histoire. Luca, de sa mort me parle. Anna, aussi, de son désespoir. Luca continue le dialogue. Trois voix qui s’interpellent pour me raconter l’amour selon Philippe Besson.

Tour à tour, ces trois voix se racontent. L’une est morte, la seconde s’interroge, la troisième continue à vivre. Luca, la tête dans la boue, le corps en décomposition, a vécu des jours heureux auprès d’Anna, et de Leo en même temps. Et de son trépas, il me parle de ses deux amours, de ses rencontres qui ont basculé le sens de sa vie, de ses verres de vins bus ensemble, de ses images de carte postale qui donnent à l’amour un sentiment de nostalgie, comme quand la Fiorentina était une grande équipe. Car l’autre personnage principal de ce roman est Florence et son fleuve l’Arno.

Anna est en deuil. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive. Pourquoi ? Elle semble ignorer tant de chose de Luca. Elle l’aimait vraiment. Mais lui… ? Beaucoup de questions traversent son esprit, et la police florentine ne fait qu’en rajouter. Accident, Suicide ou Meurtre ? L’arrivée inattendue de Leo dans sa vie ne fait qu’augmenter sa confusion. Et je crois bien que ses questions resteront en bonne partie sans réponse.

« Aux hommes de passage, je demande de me suivre dans les toilettes de la gare. Je marche devant eux, d’une démarche qui s’est assurée avec les années. Je les sens dans mon dos, je sens leur honte, leur précipitation, leur trouille de se faire piquer, d’être reconnus. Je montre une porte d’un seul hochement de tête. Je précise que je n’embrasse pas. Pourtant je m’en fiche. Le tarif a été fixé dès les premiers mots échangés. L’argent passe de leurs portefeuilles, qu’ils soupèsent en tremblant, à la poche de mon jean. Les hommes glissent le long de mon corps, plongent leur visage entre mes jambes, dégrafent le pantalon, s’emparent de ma chair. Je suis habitué à leur brusquerie, à leur gaucherie, à leur violence quelquefois. Je sens le rebord de leurs lèvres humides sur ma queue. Ca ne dure pas longtemps en général, cette scansion maladroite. C’est souvent hâtif, bâclé, risible. Quand les hommes se relèvent, je rajuste mon jean. J’aperçois qu’ils essuient leurs visages, une sueur au front, un résidu au coin de la bouche. Nos regards ne se croisent pas. Ils sortent en premier, toujours. Ils se perdent vraisemblablement dans la foule. »

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10 août 16

Oh… [Philippe Djian]

Oh… une femme vient de se faire violer, et continue de coucher avec son violeur dans des jeux sadiques à la limite de la bestialité bien pensante. Une affaire de pulsions, dirai-je et les pulsions, ça ne se commande pas, ça se vit. Et ça se pratique, viens ici, ma belle, que je te viole. Et après on fera peut-être l’amour. Mais ce n’est pas tout. Elle a aussi une liaison avec le mari de sa meilleure amie. Elle a un fils qui kidnappe le fils de sa petite amie, un ex-mari scénariste incompris, une mère qui a des amants trois fois plus jeunes qu’elle et un père en taule depuis trente ans pour avoir massacré une soixantaine de gamins dans un club Mickey. Voilà, je crois que je n’ai rien oublié du portrait plutôt déjanté de cette femme à l’humour presque grinçant. « Elle » est un peu particulière dans son genre.

Ma première pénétration dans l’univers de Philippe Djian, que je n’avais qu’effleuré aux travers des textes musicaux de Stephan Eicher. 37°2 le matin, pas lu, et même pas sûr d’avoir vu le film, c’est que Béatrice Dalle m’a toujours indifféré, même pour sa scène de baise anthologique, il y a d’autres brunes nettement plus épicées et appétissantes pour construire d’autres scènes de baise d’anthologie. Mais passons, bien, pas bien, tu te fous de ma réponse, tu veux juste savoir les détails de ces viols à répétition, de la froideur avec laquelle « Elle » prend les jeux de l’amour.

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6 août 16

La Renverse [Olivier Adam]

« La mer hésitait entre l’ardoise et l’aluminium. Dans le ciel passaient des armées de nuages durs et tranchants compacts et menaçants. Ca filait à toute allure dans le vent sifflant. Parfois la pluie tombait comme du verre, les gouttes crissaient contre les vitres. »

Lire les romans d’Olivier Adam me plonge souvent dans le drame familial, la perte d’un être cher, d’un amour perdu, dans une confusion de sentiments déprimants. Il y est question de deuil, de tristesse, de reconstruction, de whisky. Souvent, toujours. Son univers est sombre, noir, obscur. J’adore. La déprime littéraire, c’est ma came, le whisky aussi. Avec « La Renverse », je ne suis pas dépaysé, je gagne en plus un côté glauque, sur fond de scandale politico-sexuel. Je regarde la couleur ambrée tournoyer dans le fond de mon verre. Comme une envie de me reverser une dose.

Un député-maire qui abuserait de ses ouailles, de gentilles citoyennes de sa circonscription en demande (d’un service, d’un job, d’un taf de merde pour pouvoir payer sa taxe d’habitation et emmener au moins une fois par mois ses gosses au McDo du coin). Ce grand homme politique serait du genre « une pipe et je veux bien écouter tes doléances ». Ou bien dans le style « je t’écoute mais je te mets un doigt avant ». Bref, rien de vraiment anormal dans le petit monde des profiteurs et de la politique. Retourne-toi…

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27 juil 16

Poids Léger [Olivier Adam]

« L’arbitre nous maintenait à distance, il posait ses mains sur nos poitrines, le type était détendu j’ai vu dans son regard qu’il était sûr de lui qu’il savait que ce serait facile, l’arbitre s’est retiré, j’ai pris deux crochets en plein visage, il a enchainé au foie, deux directs, un uppercut pour finir et dans ma bouche c’était le goût du sang et dans mes yeux c’était du rouge, il a frappé trois ou quatre fois et le sang coulait dans mes yeux, j’avais la bouche remplie d’un liquide salé et épais, je me suis écroulé, je pesais des tonnes, j’avais la joue contre le revêtement, Chef est monté sur le ring. J’ai vu son visage se pencher sur le mien, il m’a relevé, m’a mis sur le tabouret, je ne tenais pas assis, il a tamponné mon front, mes yeux et mes temps, je ne sentais pas la douleur ni ses mains, je ne sentais plus rien, je n’entendais plus sa voix. »

L’horloge affiche ses vingt-deux heures quand je me lève de mon fauteuil en cuir noir. Une envie de me servir un whisky. Si je me serais trouvé dans un film j’aurais allumé en plus une cigarette et me serait posté nu devant la fenêtre à regarder la nuit étoilée, les néons qui clignotent, les passants qui passent furtivement ou s’embrassent dans la pénombre du porche, et les volutes de fumées qui s’enveloppe en dessinant des rosaces autour de moi. Mais voilà, je ne suis pas acteur de cinéma, laisse de côté la cigarette, et me sers juste un whisky, nu quand même, avant de retourner m’installer dans mon fauteuil et ouvre les premières pages de ce vieil Olivier Adam que j’avais presque oublié sur une étagère, les pages jaunies par le temps. Une histoire de boxe et de solitude, une virée poignante dans la pénombre d’un paumé.

« Sur la table du salon, elle avait laissé un verre de whisky et dans la pénombre clignotaient des voyants lumineux. J’ai tiré le fauteuil à bascule, j’ai bu devant la fenêtre, allumé une cigarette, Billie Holiday chantait, je sentais le sommeil me gagner. J’ai dû dormir une heure ou deux. Le silence était parfait et en me concentrant un peu je pouvais percevoir la respiration profonde de Juliette qui dormait dans la chambre. J’ai ôté mes vêtements et me suis glissé sous les draps. Elle était allongée sur le flanc, je me suis collé contre elle, ma queue se logeait dans la raie de ses fesses, elle a poussé un grognement parce que mon corps était froid. J’ai embrassé sa nuque et elle s’est retournée, sa bouche était chaude et son haleine exhalait un parfum de miel et de tabac. »

Le jour, Antoine travaille pour les pompes funèbres, creuse des tombes, regarde des familles pleurer, descend six pieds sous terre des cercueils. Le soir, il boxe, il boit. Pour oublier sa peine, pour effacer le temps, pour ne pas se projeter dans un avenir qu’il ne voit pas. Je l’imagine avec son air de chien battu, ses envies de chialer, ses peurs qui l’enferment dans cette profonde solitude. Je me sens bien, seul dans le noir, jusqu’au jour où je ne pourrais plus en sortir. Le père d’Antoine vient de décéder, sa sœur Claire, très proche jusqu’à présent, qui s’éloigne, la belle Su, une fille sublime qu’il a croisé un soir mais qu’il ne saura pas aimé, Chef son entraîneur avec toujours le même survêtement qui met les voiles dans le sud…

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24 juil 16

Une Fille Quelconque [Arthur Miller]

Janice Sessions, juive new-yorkaise. Sa véritable histoire débute dans les années trente avec la rencontre de Sam. Pas vraiment belle, mais du charme. Lui aussi, certainement. Il est communiste à fond, elle suit le mouvement. A l’aube de la seconde guerre mondiale, le monde est en ébullition. Janice vit tranquillement sa vie de couple. Un pacte de non-agression entre Staline et Hitler, les temps sont durs pour l’ambition communiste. Ouf. Hitler envahit la Russie, l’honneur des communistes new-yorkais est sauf.

« Il sirotait sa bière en parlant d’Hitler, de l’intolérable chaleur d’été, et de l’immobilier. »

Sam peut alors s’engager dans l’Armée. Et combattre le nazisme. Pendant que Janice reste à la maison. Elle attend. Sans passion, sans envie. Elle l’attend. Combien de temps, encore, de cette vie bancale, inachevée ? Elle croise le regard de Lionel, un ami. Lionel, une femme, des enfants, mais qui ne veut certainement pas mettre en danger son couple. Une liaison, Lionel lui procure cette sensation perdue au fond de son ventre. Elle a envie de faire l’amour. Elle a envie de vivre de nouveau, des moments de passions, des moments de vie simplement. Et d’envie.

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17 juil 16

Perfidia [James Ellroy]

« - Putains de Tongs. Ces putains de Chinetoques sont encore pires que ces putains de Japonais. »

La dernière fois que j’avais entrepris de lire Ellroy remonte au temps du Dalhia noir et de la mort d’Elizabeth Short. Je remonte encore plus le temps, un temps où Betty Short ne s’était pas encore installée à L.A., le temps pour moi d’avoir le courage d’ouvrir les 830 pages de cet ouvrage.

La bouteille de bourbon à portée de main, toujours en avoir une pour les coups durs, ou les coups de poings, je plonge dans l’univers de L.A. le 6 décembre 1941. Glenn Miller et son orchestre swingue l’insouciance. Cette nuit-là, 4 japonais sont retrouvés morts, façon seppuku. Mais tout le monde va vite oublier cette affaire. Qui se soucie de 4 Japs morts alors que le lendemain, les Etats-Unis déclarent la guerre au Japon suite à l’attaque de Pearl-Harbour. C’est donc dans ce contexte géopolitique que ma virée nocturne me balance en pleine face ses morts et ses peurs.

« Dudley descend de voiture et entre dans l’établissement. C’est un repaire d’ivrognes. Les borrachos boivent du mescal au goulot en évitant d’avaler les vers qui flottent dans l’alcool. La scène évoque une forte probabilité de visions hallucinées et de suées nocturnes. »

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