Tragédies salutaires [Dario Bicchielli]
Un verre de champagne à la main, un grand chapeau noir, une longue robe noire, un sourire de sorcière ayant abusé du rouge à lèvre, je m’approche d’Amélie et lui demande tout simplement si elle connaissait Dario, compatriote belge. Dario qui ? Dario Bicchielli lui répondis-je…
Un verre de whisky à la main, une barbe de plusieurs jours, je croise ce breton ou normand – je ne fais pas la différence – Olivier, le gars qui raconte des histoires tristes et émouvantes à en pleurer de rage au bord de la falaise. Hey, tu as lu le premier roman de Dario ? Dario qui ? Dario Bicchielli lui répondis-je…
Un verre de Manhattan à la main, un costume gris et sobre, j’ai rendez-vous avec le plus francophile des américains pour un brunch dominical au Moon Palace. Saucisse omelette et café allongé au menu. Paul, immense talent, immense écrivain, lui il doit connaitre Dario. Dario qui ? Dario Bicchielli lui répondis-je… un pote à moi ! Voilà comment je me la joue.
Un mail du grand écrivain Dario Bicchielli sur mon ordinateur en fait forcément un pote à moi. Je le garde au cas où il prendrait de la valeur. Peut-être faudrait-il qu’il me fasse une dédicace autour d’une bière trappiste du meilleur cru ou d’une Zottegemse Grand Cru. Dario est belge, comme son nom ne semble pas l’indiquer. Tout jeune écrivain, une toute première publication qu’il a eu la gentillesse de me faire parvenir (je te rassure, je ne suis pas seul dans ce cas-là, la planète Babelio y a été intégrée). « Tragédies Salutaires ». Cela dit, la démarche est risquée. Imagine que je n’aime pas, que je regrette cette bière que j’aurais dû boire seul. Une première publication, 4 nouvelles, quelques interludes littéraires et quelques poésies en fin d’ouvrage. L’auteur navigue dans les différents genres, il se cherche, il remplit des feuillets.
Les nouvelles sont un art difficile. Je suis sensible à ce style lorsqu’elles sont signées Richard Ford, Sam Shepard, Richard Brautigan ou Raymond Carver. Je pense que l’auteur y est également sensible parce que son univers me semble convenir à ces grands écrivains américains. Attends, je ne le compare pas. Il est trop tôt. Bien trop tôt ! Je n’ai même pas envie de te raconter ces histoires. Faut garder du suspens, faut garder du mystère, faut garder du secret. Ce que j’ai envie de te dire, c’est que pour un premier bouquin, j’ai franchement bien aimé (et ceci n’a rien à voir au fait que j’ai reçu ces écrits gracieusement). Oui, j’ai apprécié : 1- la démarche de l’auteur, franche et honnête (il est l’auteur, il ne dit pas que son bouquin est super, le meilleur de tous les temps, mais il le propose à d’autres, totalement inconnus, pour avoir un avis, faire de la promo et un peu de buzz médiatique – au risque de déplaire ou de ne pas intéresser). 2- j’ai fini ma lecture en cours pour attaquer immédiatement celui-ci. Un jeune auteur qui cherche à percer mérite donc que je m’attèle à la tâche de suite (Richard Ford a les moyens d’attendre encore quelques temps ma prochaine critique). 3- J’ai lu, dans le métro, chez moi, sur un banc public à me geler les fesses en attendant le soleil d’un été.






