4 mar 15

A Ghost Is Born [Wilco]

Forcément tu connais Wilco.

Et par conséquent cet album.

Wilco, Chicago – Illinois, a ghost is born.

5ème album du groupe sorti en 2004.

Fantomatique.

Fantasmagorique.

Alors, je sens déjà ta remarque pointer.

- Chicago, Illinois. Ça sent bon le blues, de la guitare, des riffs, de la fougue mortelle au goût de sueur.

Alors, je balance, l’air de rien, l’air de m’y connaître, ma contre-remarque.

- A Chicago, les blancs ne savent pas jouer que du blues. La preuve en est avec ce groupe qui fait dans la douceur d’un rock alternatif. Une guitare souvent planante et lancinante. La musique se fait même lyrique dès la première pinte de bière.

- Une Kwak ou une Reinaert ?

- Demande donc à la serveuse, celle au grand sourire et aux longues jambes, cette Reinaert au parfum de miel ambré.

- Il est vrai que la musique ne s’écoute qu’avec une bière à la main.

- Sans ça, tu ne peux pas l’apprécier à sa juste valeur.

- T’as peut-être raison ?

- Des claques, putain. J’ai toujours raison surtout quand j’ai une bière à la main. Et tu veux que je te parle de cet album ?

- Attends que la serveuse nous ramène la commande ! Tu crois qu’avec de plus gros seins, elle aurait de plus gros pourboires ?

- Peut-être, mais elle a déjà un beau cul. Je lui en demande pas plus. Tiens écoute-moi ça. Spiders. Une araignée dans le plafond. C’est du profond, cela ressemble presque à du rock allemand qui se déguste avec une bonne choucroute.

- Ah, c’est si bon le krautrock…

- Je ne te le fais pas dire. Aussi bon que de glisser la langue entre les cuisses de la serveuse… Si elle me regarde, je lui demande son prénom. Et tant pis, si j’ai l’air d’un con et qu’elle pense que je la drague.
Elle m’Hypnose. Musique Hystérique.
Ambiance Animale.
Ça pue l’HAmour, cette musique !

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2 mar 15

L’homme qui voulait être heureux [Laurent Gounelle]

Je devrais revoir certaines priorités. Il m’arrive de boire quelques bières, de fréquenter les plaisirs suaves et charnels des brunes, des blondes, des rousses, et le temps qui file sous mes yeux sans que je n’arrive à le rattraper. Il faudrait que je me pose cinq minutes, pour vivre. En attendant la serveuse à demi déshabillée, je te laisse deviner quelle moitié et je profite même de cet instant d’ardente attente pour te raconter mes dernières vacances à Bali, ses plages de sable fin, ses cocotiers, sa drogue ses putes ses massages. Bref, un petit coin de paradis sur terre, un endroit pour reposer son âme après une année harassée aux abords de la capitale. Parce que Bali est l’endroit idéal pour les rencontres et la recherche du bonheur. Je voulais être heureux, billet d’avion en poche. Je voulais croiser le regard de Nicole Kidman sur une plage admirant le coucher de soleil. Et bien tu ne vas peut-être pas me croire, mais j’ai vu mieux… Quoi ? Mieux que le regard de Nicole Kidman ?? Instant dubitatif qui te guette, que peut-il y avoir de mieux ? Son cul, l’ami ! Sa chute de rein. Souviens-toi…
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26 fév 15

Tsubaki [Aki Shimazaki]

Le poids des secrets 1/5

«J’arrivai dans la vallée tôt le soir. Et ce que je vis n’était que carnage. La vallée était couverte de gens gémissant et criant : ‘De l’eau !’ Des enfants hurlaient partout : ‘Maman ! Maman !’ Je trouvais des visages déformés, des corps brûlés ou déjà mort sur la terre. Dans la rivière, des cadavres flottaient en passant devant moi. La vallée de la mort. Elle était pleine d’odeurs mauvaises. Je vomissais constamment.

Dans la rue, je vis un homme sous un toit effondré. Quand on essaya de le secourir en le tirant par la main, son bras se détacha.

Je faillis tomber sur quelqu’un. C’était une femme. La moitié de son visage et de son corps était brûlée. »

Une bombe est lâchée. Nuage noire, cendres brûlantes. Une seconde bombe quelques jours plus tard. Autre nuage, autre poussière incandescente. L’amour, la passion, l’adultère. Deux corps couchés, nus, un enfant illégitime. Et des secrets de famille enterrés, brûlés même, dans le souffle de Nagasaki. Comment arriver à parler sensualité alors que la puanteur de milliers de morts va emplir les pages de ce court roman. Même le parfum des camélias n’arrive pas à m’enlever cette nausée survenant juste après. Après le souffle, lorsque des hommes, des femmes, des enfants, ceux qui n’ont pas été déchiquetés, brûlés, écrasés, soufflés, se retrouvent hébétés face à l’impensable, l’inimaginable. Pourquoi ? Etait-il nécessaire de faire tomber les bombes atomiques sur Hiroshima et sur Nagasaki ?

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18 fév 15

Trois Chevaux [Erri De Luca]

« Mes phrases ne sont pas plus longues que le souffle qu’il faut pour les dire. » Erri De Luca dans une conférence autour d’un verre de cognac.

« J’entends son souffle à chaque page qui se tourne ». Le Bison dans un tête-à-tête avec son verre de Lambrusco.

Un vin italien pour l’histoire d’un homme, un jardinier qui retrouve sa terre natale, son Italie après un séjour en Argentine pour retrouver la femme qui l’aimait.

Mais avant de te raconter cette histoire de chevaux, je te parle de la plume d’Erri De Luca, de ses phrases aussi courtes que le souffle divin d’une femme en train de faire l’amour.

Car l’écriture a cette sensualité, la beauté des mots comme la beauté du corps d’une belle argentine, d’une belle italienne.

Des métaphores et de la passion qui enveloppent les disparitions et les morts d’une dictature.

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16 fév 15

Dvorák, Elgar: Cello Concertos [Jacqueline Du Pré]

Deux concertos pour violoncelle sur une même galette. Le classique, toujours aussi rare sur ces plaines, mais de plus en plus fréquentes dans mon univers musical. Comme l’envie de me sentir enveloppé par une douce lumière chaude et enivrante. L’effet de la musique classique sur moi. Mais aussi le besoin de l’écouter plusieurs fois avant d’être bousculé par cette musique, avant qu’elle m’emporte au-delà de la raison sur un océan de passion et de sensualité. Et question sensualité, le violoncelle est l’arme absolue. Et Elgar aussi.

Je ne me lasse pas de ce premier adagio, maîtrisé par les cordes envoutantes de cette toute jeune violoncelliste, si jeune à l’époque et à la vie si douloureuse par la suite. Lorsque je l’écoute, mon corps est pris de frissons, de soubresauts infimes qui me transcendent, me bouleversent, m’émeuvent. Jacqueline, sa musique si érotique, si bandante, que j’en ai envie de faire l’amour tout de suite, sur le carrelage blanc et froid de la cuisine. Peut-être ai-je une passion débordante pour les femmes qui écartent les cuisses.

N’y a-t-il pas plus érotique que le violoncelle ?

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12 fév 15

Vents Contraires [Almudena Grandes]

Aujourd’hui, je t’emmène dans le Sud, là où le vent danse dans tous les sens, et là où les andalouses dansent le flamenco. Rota, cité balnéaire de la province de Cadix. Sara Gomez Moralez, jeune quinquagénaire célibataire et fortunée, s’y installe. Elle est derrière sa fenêtre, et observe ces vents qu’elle ne comprend pas encore, des vents contraires à rendre fou les mouettes – et les cœurs des hommes ? Et dire qu’il faudra organiser sa nouvelle vie en fonction de ces vents. Mais avant, bien les comprendre, bien faire la distinction entre le ponant qui virevolte de l’Ouest, cinglant et le levant qui souffle de l’Est, doux et chaud. Quand le froid souffle sur le chaud, les cœurs changent d’humeur et transforment l’âme dans la baie de Cadix.

« Après trente ans de passion et de culpabilité, Sara Gómez avait appris à boire pour le plaisir, pour cultiver le léger état d’illumination intérieure sur laquelle repose le prestige des buveurs sages, en renonçant enfin à la vile et humiliante nécessité de boire pour s’étourdir, pour ne plus penser, ne plus savoir, pour mériter le gros lot d’un long et lourd sommeil. Quand elle s’en avisa, elle éprouva un sentiment poignant de compassion envers elle-même, mais conclut que le pire aurait été de ne jamais l’éprouver. Depuis, elle s’était remis à boire seule, un seul verre après le repas, jamais tout à fait plein, pas tous les soirs, et la cérémonie qui consistait à le tiédir dans sa main en silence, à le déguster tout doucement en contemplant le ciel ou en lisant un livre, était devenue le meilleur moment de la plupart de ses journées. »

Elle observe les vents et voit arriver dans la maison voisine, Juan Olmedo, célibataire aussi et chirurgien réputé, accompagné de son frère handicapé mental et de sa nièce Tamara. De quoi troubler sa tranquillité. De quoi surtout intriguer cette femme, un peu trop seule, sur la plage lorsque le soleil se couche et que la saison estivale s’achève.

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10 fév 15

Revolver [Fuminori Nakamura]

Il se promène dans les rues sombres de Tokyo, un parc désert, un chantier vide. Une canette de café chaud à la main, quelques lampadaires qui éclairent timidement le trottoir lui donnant un air blafard. La pluie se déverse sur la chaussée, les voitures roulant à toute berzingue éclaboussant sans vergogne les contre-allées que les ivrognes ont désertés. Personne dans la rue. Sauf lui ce soir. Lui et cet homme qui git par terre. La tête en sang, le révolver à ses pieds. Regard à droite, regard à gauche, la pluie continue de tomber froidement sur la rue, blues du trottoir. Il courre, la main dans la poche, l’arme dans la main.

« Mon arme était belle et je n’avais pas besoin de la nettoyer mais j’en avais envie. Ce geste me semblait propice à établir une communication plus étroite avec elle. »

Un LAWMAN MK III 357 MAGNUM CTG. Comme l’inspecteur Harry. Comme dans les séries télévisées américaines. 3 balles dorées dans le barillet. Il rentre chez lui, le pose délicatement, la caresse, la sent, l’astique. Moment intense érotique d’un jeune homme avec son arme. Moment d’extase, moment de jouissance. Moment d’amour tout simplement ; l’arme va occuper l’esprit de l’adolescent, du matin au soir. Obnubilé par sa présence. L’amour, quoi. Plus rien ne l’intéresse, plus rien ne le passionne, hormis cette arme, ce magnum si beau esthétiquement, une froideur quand il le tient dans la main, mais pourtant il perçoit de la douceur. Comme une envie de lui faire l’amour, un amour exclusif même, tant les filles à-côté paraissent fades pour illuminer sa vie.

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6 fév 15

Bring Yo’ Ass To The Table [Left Lane Cruiser]

Indiana nous voilà ! Left Lane Cruiser. Le duo choc mélangeant le blues du Mississipi avec un rock garage à la Black Keys. Avec comme point commun Junior Kimbrough, grande source inspiratrice de cette musique sauvage et aiguisée.

Deux barbus de Fort Wayne pour faire renaitre le blues du delta. Un peu crasseux, une odeur de bière pas fraiche, et c’est cette sensation qui est si bonne. De la percussion dans les esgourdes, une guitare agressive qui glisse entre les tympans à te les strier, la voix écorchée par la chique et l’harmonica flamboyant. Les Inrockuptibles parlent de punk agricole. C’est dit, c’est rural. Des gueux pas dégueux !

Wash It by Left Lane Cruiser on Grooveshark

Tu t’imagines dans ton vieux pick-up à la peinture brûlée par le soleil, la musique à fond. Tu démarres, la poussière s’échappe de tes pneus, cela crisse sur le gravillon et tu crèves de soif. Direction le premier bar « roots » de la route 69. Le chemin sera long jusqu’au bout du delta… Une route où la poussière s’envole face au vent, une route parsemée de « Chicken Ranch », des bouges miteux pour croiser les cuisses d’une brune mythique.
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3 fév 15

L’Auberge des Pauvres [Tahar Ben Jelloun]

Lecture à l’aveugle, la découverte.

Auteur(e) : Inconnu(e) Tahar Ben Jelloun

Editeur : Points

Année : 1999

Comment débuter avec un tel roman, quand le soleil du Maroc t’assèche le gosier jusqu’à remplir de poussière ton verre vide de Chouffe. Alors tu te sers un single malt pour poursuivre la soirée. Une chaleur à faire débander ton sexe qui craint d’attraper un coup d’ soleil, un coup d’amour, un coup de j’ t’aime. Alors je prends le bateau, vieux rafiot de croisière pour traverser la Méditerranée. Pas un yacht de luxe ni même un Costa Croisière à la dérive. Mais j’arrive à bon port, la baie de Naples, une ville bouillonnante, des décharges à ciel ouvert et l’odeur de la pizza napolitaine – plus diététique que la quatre fromages, une tuerie calorique. Participer à un concours et avoir le droit de gagner en écrivant une nouvelle, un roman sur cette ville. Organisé par le syndicat d’initiative – à moins que cela soit celui de la mafia (c’est du pareil au même, non ?).


Écrire sur une ville inconnue, aucune chance de gagner. Je ne connais personne, je ne connais rien. Pas le moindre sourire d’une napolitaine prête à m’accueillir dans son lit. Alors, je déambule, je marche, je regarde autour de moi, derrière, devant. Des pizzerias des poubelles des immondices et des pigeons. Le contact est difficile, la timidité de l’écrivain n’est pas une légende. Mais je ne vais tout de même pas rentrer chez moi. Retourner auprès de ma femme… Je continue de marcher, dans des ruelles de plus en plus petites, autour des bâtiments désaffectés. Je descends dans les sous-sols, au plus près de la crasse et de l’odeur d’urine. Et là, je croise le regard d’une vieille femme endormie. Grosse, laide, elle ronfle elle pue elle me dégoute. Vulgaire et sale à m’en donner la gerbe. M’apprêtant à faire demi-tour, elle m’interpelle, dans la pénombre, avec pour seule lumière cette vieille ampoule dépolie et à nue. Me demande de m’assoir sur cette chaise cassée, sur son coffre déglingué ou sur ce poste de télévision déchainé. Bah, au point où j’en suis… Et même si l’odeur de pisse, de merde, de sperme, me soulève le cœur. Cette odeur de misère, de pauvreté et d’errance qui parfume le sol crasseux, les murs décrépis, le plafond noir de cendres. Où suis-je tombé ? « Albergo dei Poveri » me dit-elle. Je répète intérieurement, l’auberge des pauvres. Cela ferait déjà un beau titre de roman. L’AUBERGE DES PAUVRES.

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1 fév 15

Lecture à l’aveugle

Auteur(e) : Inconnu(e)

Editeur : Inconnu

Année : Inconnue

Oseras-tu cette lecture ?

Attention pas de triche !

Bon voyage

Amicalement.

PS : J’avais adoré !

Comment parler d’un livre dont je ne connais ni le titre, ni l’auteur, ni la nationalité, ni la quatrième de couverture ? Mon premier livre mystère, bien cacheté et enveloppé avec soin, ne révélant rien de son identité et quel livre ! Un véritable coup de poing auquel j’étais loin de m’attendre !

Mais avant tout, comment lire un livre dont je ne connais ni le titre, ni l’auteur, ni la nationalité. Mon esprit n’est conditionné par aucune couverture, aucun renom, aucun avis. Il est libre de rentrer entre les lignes pour s’en imprégner. Ou de rester hermétique à ce paysage littéraire inconnu.

Avant d’ouvrir, la première page, il y a eu beaucoup d’hésitations, de craintes. Peur d’être déçu, peur de ne pas rentrer dedans. Parce que je reçois un livre de cette façon, je me doute qu’il a du emballer le lecteur ou la lectrice d’avant. Mais les goûts et les couleurs. Difficile de savoir à l’avance (c’est comme les petits seins, les gros culs et inversement), cela dépend du jour, de l’humeur et de l’envie.

J’ai donc laissé passer plusieurs romans avant de m’attaquer à ce « défi ». Le mystère me faisant de l’œil à chaque fois que je m’aventure devant les étagères de la bibliothèque, c’est-à-dire toutes les 5 minutes quand j’ai un verre à la main. Et puis, pour l’occasion, il me fallait une grande bière. Pleine de sa saveur et de son parfum, l’alchimie pouvait enfin prendre. Une Chouffe, la compagne idéale pour une lecture à l’aveugle.

Les premières pages se tournent. Je pressens la géographie de l’auteur. Par chance ou déveine, je me fais  déjà ma propre idée. Je me souviens d’un auteur, l’une de mes rares errances dans cette région du globe. Est-ce lui ? ou pas. Le suspense est à son comble. Le principe même de cette lecture : douter, réfléchir, espérer, savoir puis à nouveau douter. Le second chapitre me perturbe. L’auteur change de continent aussi bien dans son histoire que dans mon esprit. J’imaginais très bien ce genre d’histoires écrites par mon fidèle ami brésilien Paulo Coelho. Mais dès l’entrée du troisième chapitre, mon idée est figée sur ma première impression. Je sais qu’elle est la bonne. Aucun doute permis, je suis sûr. Même une fois la Chouffe finie. Je sais. Tout simplement parce que c’est avec ce roman que j’ai plus ou moins commencé à discuter avec certains bloggeurs, et que depuis j’avais pu lire quelques chroniques sur ce titre-même parmi celles et ceux que je suis plus ou moins fidèlement.

Cette lecture à l’aveugle n’est donc pas restée longtemps en aveugle pour moi. Mais le plaisir de lire ce roman qui m’a fait souvent envie reste présent. Je l’ai découvert rapidement, et alors, où est le problème. Mais ne crois pas que je vais te donner mon sentiment, mon aperçu et surtout le nom de l’auteur et le titre de son roman. Non, non, non. Trop simpliste, trop facile. Non, je vais simplement te guider. Dans deux jours la solution, pour laisser au moins le temps de lire ce billet. Et deux indices.

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