22 mai 13

Tragédies salutaires [Dario Bicchielli]

Un verre de champagne à la main, un grand chapeau noir, une longue robe noire, un sourire de sorcière ayant abusé du rouge à lèvre, je m’approche d’Amélie et lui demande tout simplement si elle connaissait Dario, compatriote belge. Dario qui ? Dario Bicchielli lui répondis-je…

Un verre de whisky à la main, une barbe de plusieurs jours, je croise ce breton ou normand – je ne fais pas la différence – Olivier, le gars qui raconte des histoires tristes et émouvantes à en pleurer de rage au bord de la falaise. Hey, tu as lu le premier roman de Dario ? Dario qui ? Dario Bicchielli lui répondis-je…

Un verre de Manhattan à la main, un costume gris et sobre, j’ai rendez-vous avec le plus francophile des américains pour un brunch dominical au Moon Palace. Saucisse omelette et café allongé au menu. Paul, immense talent, immense écrivain, lui il doit connaitre Dario. Dario qui ? Dario Bicchielli lui répondis-je… un pote à moi ! Voilà comment je me la joue.

Un mail du grand écrivain Dario Bicchielli sur mon ordinateur en fait forcément un pote à moi. Je le garde au cas où il prendrait de la valeur. Peut-être faudrait-il qu’il me fasse une dédicace autour d’une bière trappiste du meilleur cru ou d’une Zottegemse Grand Cru. Dario est belge, comme son nom ne semble pas l’indiquer. Tout jeune écrivain, une toute première publication qu’il a eu la gentillesse de me faire parvenir (je te rassure, je ne suis pas seul dans ce cas-là, la planète Babelio y a été intégrée). « Tragédies Salutaires ». Cela dit, la démarche est risquée. Imagine que je n’aime pas, que je regrette cette bière que j’aurais dû boire seul. Une première publication, 4 nouvelles, quelques interludes littéraires et quelques poésies en fin d’ouvrage. L’auteur navigue dans les différents genres, il se cherche, il remplit des feuillets.

Les nouvelles sont un art difficile. Je suis sensible à ce style lorsqu’elles sont signées Richard Ford, Sam Shepard, Richard Brautigan ou Raymond Carver. Je pense que l’auteur y est également sensible parce que son univers me semble convenir à ces grands écrivains américains. Attends, je ne le compare pas. Il est trop tôt. Bien trop tôt ! Je n’ai même pas envie de te raconter ces histoires. Faut garder du suspens, faut garder du mystère, faut garder du secret. Ce que j’ai envie de te dire, c’est que pour un premier bouquin, j’ai franchement bien aimé (et ceci n’a rien à voir au fait que j’ai reçu ces écrits gracieusement). Oui, j’ai apprécié : 1- la démarche de l’auteur, franche et honnête (il est l’auteur, il ne dit pas que son bouquin est super, le meilleur de tous les temps, mais il le propose à d’autres, totalement inconnus, pour avoir un avis, faire de la promo et un peu de buzz médiatique – au risque de déplaire ou de ne pas intéresser). 2- j’ai fini ma lecture en cours pour attaquer immédiatement celui-ci. Un jeune auteur qui cherche à percer mérite donc que je m’attèle à la tâche de suite (Richard Ford a les moyens d’attendre encore quelques temps ma prochaine critique). 3- J’ai lu, dans le métro, chez moi, sur un banc public à me geler les fesses en attendant le soleil d’un été.

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21 mai 13

Calamari Union [Aki Kaurismäki]

Tu vas me dire certainement que ce surprenant «Calamari Union» est une œuvre de jeunesse d’Aki Kaurismäki (second long-métrage du réalisateur), tu penses même que cela ressemble plus à du pauvre n’importe quoi mais moi, seul dans mon ranch sans nom – et avant de te parler de « l’homme sans passé » – je considère ce film comme un excellent divertissement à classer dans le genre polar co(s)mique sous-catégorie loufoque.

L’histoire est simple : une bande de copains se réunissent autour d’une table. Tous portent des lunettes noirs à la Blues Brothers (l’esprit d’ailleurs s’en rapproche) et tous s’appellent Frank à l’exception d’un. Cela facilite la compréhension des dialogues ! Tous ces Frank vivent donc dans une banlieue triste d’Helsinki et décident de partir à la recherche d’Eira, un petit coin de paradis. Le problème : personne ne semble savoir où se trouve cette ville utopique. Pas grave, ils braquent un métro pour aller au centre-ville et s’éparpillent ainsi dans les différents quartiers pour espérer avoir plus de chance de trouver la voie qui leur mènera à Eira

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20 mai 13

Retenir les Bêtes [Magnus Mills]

« Il semblait vivre dans un monde à lui, engagé vis-à-vis de sa bière dans une relation sérieuse et exclusive. »

Il me parait important, voir primordial, du moins essentiel à ta vie, de savoir construire une clôture. C’est tout un art, plus même, une passion. Tout comme il est important d’aller au pub pour faire descendre, des heures durant, une bière fade mais fraîche.

Je ne suis pas tout seul, heureusement, parce que sous la pluie, ce travail ne m’aurait pas paru aussi amusant. Tam et Richie, deux travailleurs écossais, un peu bougons un peu faignants m’accompagnent. Tam et Richie, deux inséparables qu’il vaut mieux avoir constamment à l’œil si tu veux que le travail avance, une version ouvrière de Laurel et Hardy, en tout aussi drôle. Et voilà que le grand patron me les envoie en terre hostile, l’Angleterre, pour un nouveau chantier.

Des clôtures, des enclos à bestiaux, tout un art. Je me répète. Mais pas autant que Tam et Richie. Car tout est répétitif, dans ce bouquin, dans le travail, dans la vie. Tu prends une pelle, tu creuses un trou, tu plantes un piquet, tu tires un fil de fer. Entre temps, tu fumes une clope, tu causes un peu mais pas trop – parler ça donne soif et quand il te faut faire plusieurs bornes à pied pour rejoindre le pub local tu t’économises. Tu creuses un nouveau trou, tu tues un mec, tu rebouches le trou, tu allumes une nouvelle clope. Et le soir tu retournes au pub pour boire une bière.

Le soir avant d’aller au pub, tu te rases, tu fumes une clope, tu sèches ton vieux jean usé et tu sors une vieille cassette en attendant l’heure fatidique où le soleil commence sa déclinaison salutaire. Tu veux écouter quoi ?

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18 mai 13

Le Live : Summertime

Jim, Jimi et Janis

Sont tous partis

Une fois leur mission accomplie.

Plus de whisky

Ou d’alcool à l’anis,

Les sixties sont bel et bien finies.

Que nous reste-t-il,

Pauvres innocents que nous sommes ?

À la distribution des rôles,

Il y a eu maldonne.

Pour nous, pas plus de festins que de rhum,

Une existence dispendieuse aux crochets d’Oncle Tom.

L’amertume encrée,

Quand plaisirs délivrés,

Nul besoin de chagrin,

Puisqu’on a du pain.

Discours inutiles, ad orateurs habiles,

Suffisance à convertir sans faille

Les tribus de volailles.

Mises en service de régimes

Qui enchaînent notre désespoir

Sous un voile d’illusions protectrices

Face à la violence fondatrice.

Il faut tout brûler,

Nos pensées hypocrites en premier.

Rien ne doit rester, tout doit partir !

Laissons les fonder leur empire,

Sans peuples et sans croyances.

Encombré de gibiers de potence,

Je mènerai seul ma révolution

Contre l’oubli et leurs actions.

Futile est la réaction, car contre l’oppression

Aucun brave, aucune arme,

Juste un poème et son âme.

Dario Bicchielli.

Poème extrait de Tragédies Salutaires.

(J’en reparlerai plus longuement bientôt,

de Jim, Jimi et Janis

et aussi de ce nouvel auteur Dario Bicchielli)

Voilà, c’était le LIVE du Samedi Soir,

De grands morceaux de concert

Pour les amoureux de la musique,

Les amoureux du live

Et les amoureux du Bison !

15 mai 13

Onze Jours [Donald Harstad]

« J’avais la sensation que mon acidité gastrique était en train de bouffer mon gilet pare-balles. »

Onze jours.

Le temps pour écrire une chronique de qualité.

Le temps pour boire ma caisse de Grimbergen Réserve 8.5.

Le temps pour lire ce polar signé Donald Harstad, seconde incursion dans ce trou perdu du fin fond de l’Iowa.

Onze jours. Il a fallu onze jours pour résoudre cette étrange et sombre affaire.

Je ne te présente plus le shérif adjoint Carl Houseman. Tu as croisé sa route un certain 5 octobre, 23h33. Souviens-toi… A cette époque, je m’étais entretenu avec lui d’un surprenant cas de vampirisme en pleine campagne. Ici, tu ranges les chauves-souris et tu ressors ton attirail dédié au culte satanique. Croix de bois, croix de fer, va de retro satanas et heavymetal à fond dans les baffles.

He, oui, même dans le trou du cul de l’Iowa, le heavymetal produit ses détraqués. A moins que cela soit les sectes qui affaiblissent le cerveau humain. Moi, cela ne va pas m’empêcher de te diffuser un truc qui te fera un bien fou, un petit Black Sabbath.

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13 mai 13

l’Hypnotiseur [Lasse Hallström]

Il fait nuit, il fait froid, dans le dos même, frissons garantis. La nouvelle sensation du polar scandinave.

L’affiche du film ne triche pas, elle reprend la maintenant célèbre couverture des éditions polar de Babel & Actes Sud. Du noir et du rouge clinquant qui font fureur ces temps-ci depuis l’immense succès inter-ranch de Millenium. Lars Kepler à l’écriture du roman.

Je me retrouve donc dans un polar nordique transposé en version cinématographique par un compatriote à l’œuvre littéraire suédoise, Lasse Hallström. Le réalisateur ne m’est pas inconnu, même si cela fait quelques années supérieures à la décennie que je n’avais pas remarqué un de ces films. De mémoire, je cite « Gilbert Grape » avec Johnny Depp et pour l’un de ces premiers rôles un petit jeune acteur qui fera peut-être carrière Leonardo DiCaprio (1993), et « Chocolat » avec toujours Johnny Depp et Juliette Binoche (2000). Autrement dit, beaucoup de trous dans sa carrière, des films que je n’ai guère eus l’envie de suivre.

Le pitch du film, je présume que les amateurs de polars nordiques le connaissent : une famille est retrouvée SAUVAGEMENT assassinée dans la banlieue de Stockholm. Un survivant, le fils, laissé pour mort, dans ce bain de sang. Dans le coma et sans témoin, l’enquête ne peut que piétiner. C’est là qu’un hypnotiseur, au passé mystérieux, déboule timidement à la demande pressante de la police, en essayant de prendre contact avec les souvenirs de l’adolescent « endormi ».

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12 mai 13

Un Père en COLERE [Jean-Pierre Hongre]

Direct. Coup de coude dans la gueule. Coup de poing dans le foie. Coup de latte dans les couilles. Ça fait mal, grave. C’est le sentiment que j’ai eu dès les premières pages. Mal aux tripes, j’avais envie de gerber la bouteille de sky que je m’étais enfilé la veille. Y’a des bouquins comme ça, qui te prennent à la gorge, qui t’agressent et te remuent les boyaux.

« Je m’appelle Stéphane. Je suis père de deux enfants. Il y a quelques jours, ma femme a lancé sa voiture contre un mur. Elle a survécu, égarée dans un coma dont elle n’est toujours pas sortie. Ce sont ses propres enfants qui l’ont poussée à bout. Oui, c’est bien de nos deux enfants qu’il s’agit, même si parfois j’en doute. Deux ingrats, deux égoïstes sans conscience morale. Peut-être sans âme. Une maladie ? Alors c’est une épidémie, car ils sont les enfants de notre époque, le résultat de mon aveuglement, peut-être, mais d’une démission générale aussi.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Je ne sais pas… »

« Un père en colère ». Une colère contre ses enfants, contre la société, contre lui-même. Séparé de sa femme, il a quitté la banlieue de Saugny, pour vivre du coté de la Porte de Clichy (à deux miles de mon ranch). Peut-être même que je l’ai croisé dans une rame de métro, tagguée et puante, les yeux fixés dans le vide en direction du sol jonché de journaux gratuits et autres papiers gras (règle N°1 : ne pas regarder les gens dans les yeux). Il laisse dans cette cité de Saugny, sa femme Nathalie et ses deux enfants, Fred et Lea. Désespoir d’un père qui n’en pouvait plus de cette situation, de cette impasse. Si ses enfants se contentaient comme tous les jeunes de se droguer… Non, les siens, ils dealent en plus. Et avec le deal viennent la violence, physique et verbale, les amis louches et l’absence totale de respect.

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8 mai 13

Loose Blues [Bill Evans]

Aujourd’hui, j’imagine le monde en bleu.

Le ciel d’abord. Une couleur presque transparente, sans nuage, une mouette qui pousse son cri de jouissance au sommet des airs avant de replonger sur le bord de la falaise.

Une toile ensuite. J’aurais pu choisir un tableau de Zao Wou-Ki. Non, cette toile signée Arthéa que je qualifierai d’aquarelle dégoulinante possède un truc indéniable. Je la sens triste, l’océan pleure de ses eaux chaudes. Le poisson rouge navigue entre ces larmes salées. Je l’aime bien. Solitaire.

La mer ensuite. Une mer azure où les flots d’écume s’échouent violemment sur le sable gris et humide.

Mon polo tout bleu et mon caleçon aussi, mais cela n’intéresse pas grand monde, la couleur de mon caleçon.

Cette robe bleue que tu portes. Oui, toi qui aime tant Bill Evans. Je n’oserais pas l’arracher car une robe est faite pour virevolter au grès de la brise et du vent.

Et puis, il y a ce disque, du bleu, du blues, un Loose Blues tout bleu signé Bill Evans. Un Bill version quintet, ce qui est nettement plus rare, Bill l’adepte et le magicien du trio. La batterie de Philly Joe Jones, la contrebasse de Ron Carter, la guitare de Jim Hall et le sax’ tenor et chaleureux de Zoot Sims viennent compléter les compositions du pianiste.

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6 mai 13

La Famille Royale [William T. Vollmann]

Henry Tyler est un privé neurasthénique. Il excelle, non pas dans les filatures, les constats d’adultères et les recherches de personnes disparues comme son métier pourrait le prévoir, mais dans la médiocrité négative. Sans aucune estime de lui, il considère sa vie sans saveur et sans intérêt. Il est même du genre à faire fuir ses éventuels clients plutôt que de les embobiner pour obtenir l’enquête. Ses journées, il les passe dans les tréfonds de San Francisco, dans les bars les plus miteux du quartier chaud de Tenderloin.

Elles se prénomment Domino, Kitty, Tournesol, Fraise, Saphir, Oiseau Jaune ou même Chocolat. Sous la plume du grand William T. Vollmann, elles apparaissent comme les héroïnes de ce roman. Elles sont belles ou laides, parfois grosses et souvent sales, rarement en bonne santé physique ni même mentale. Elles chevauchent la rue de nuit comme de jour, étalent leurs formes et leurs charmes sur les trottoirs du Tenderloin, dans les parkings et sous-sols du quartier. Elles, ce sont des prostituées qui triment toute la sainte journée pour obtenir simplement de quoi se payer un fixe ou une dose le soir et ainsi tenir une heure, un jour de plus dans cette vie foutue et merdique. Sous un job des plus dégradants, ces travailleuses buccales ou vaginales m’apparaissent sous un nouveau jour : tendresse et émotion se dévoilent sous les tas d’immondices. Alors que certains salivent devant les vitrines des restaurants de Chinatown où pendent au dessus des plats de légumes fumants et riz cantonnais les canards laqués, poulets rôtis et tranches de porc rouges et craquantes, ces dames restent obnubilées par la coke pure, la coke crack (connu également sous le nom de blanche), le fentanyl, le speedball, la crystal blue persuasion, les quaaludes, le poppers, le speed rouge, le speed noir, le valium, la thorazine, la mescaline, la marijuana, la codéine, la morphine, le cognac et la bière.

Au bout d’une heure, Béatrice, amère et épuisée, était sur le point de renoncer quand un de ses clients réguliers, un veuf d’une cinquantaine d’années dont la bedaine s’incurvait comme une vieille rotonde d’Union Pacific, se gara le long du trottoir. Elle se précipita vers sa voiture. Ils allèrent au Lonely Island Hotel.
[...] Dans la poubelle, il y avait une capote qui venait de servir et d’où dégoulinait du liquide gluant.
Béatrice se déshabilla, s’allongea sur le matelas instable et moisi, et s’endormit aussitôt. Elle rêva de Tournesol. Le type, qui était quelqu’un de bien, resta là un moment à observer sa grosse et belle putain qui ronflait les jambes écartées sur le lit, en remuant presque imperceptiblement son pelvis marbré d’abcès. Puis il déposa trente dollars sur la table de chevet et sortit, en refermant doucement la porte derrière lui.

A moins que l’héroïne de « La Famille Royale » soit en fait la Reine des Putes, une prostituée à la retraite qui prend soin de toutes ces (ses) filles. Elle les protège, les conseille, les aide telle la Mama africaine ou une maquerelle bienfaitrice. D’ailleurs existe-t-elle réellement ? N’est-ce pas une simple chimère, une illusion servant à illuminer de son aura ce pauvre quartier du Tenderloin.

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4 mai 13

Le Live : War Pigs

La guerre du Cochon est déclarée !

J’imagine déjà cette côte de porc que j’aurais au préalable découpé de ma hache sanguinolente avant de la badigeonner d’un miel de tournesol épais et succulent.

Les flammes du barbecue s’élèvent dans les airs, prêtes à recevoir cette tranche de porc.

Je m’approche jusqu’à me brûler les cils et hume ce doux fumet qu’est le cochon grillé.

Une pointe de piment d’Espelette pour honorer mes origines non-basques sur chaque face de porc.

La couenne grille lentement, sûrement, le miel dégouline sur les braises, les flammes reprennent du poil de la bête, la côte se brunit d’autant plus, je ressoufle sur la flamme me rebrûle les cils, le miel dégouline à nouveau ; en jargon scientifique, ce phénomène est répertorié sous le nom du mouvement perpétuel de la côte de porc sur sa grille de BBQ.

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